Les Rickshaws-Wallah

Inventés par un colon Anglais en poste au Japon, les Pousses Pousses furent introduits à Calcutta par les Chinois en 1900. D’abord réservés au transport des marchandises, ils servirent dès 1914 au transport des passagers. Bien qu’il soit difficile d’avoir un chiffre précis on estime leur nombre entre 35 à 50 000. Ils procurent du travail à 80 voir 100 000 personnes en incluant les fabricants et les réparateurs mais officiellement ils sont moins de 10 000. La mairie depuis 1947 ne délivre plus de licences et les patrons en obtiennent de nouvelles en payant un tribu aux mafias locales et aux fonctionnaires de police.

Le prix d’un Rickshaw est de 300 Euros. Leur prix élevé puisque supérieur à celui des cyclo-pousses est du au fait qu’ils sont fabriqués artisanalement et non pas à la chaîne comme ces derniers. Les propriétaires sont des musulmans originaires du Bihar un des états les plus pauvres de l’Inde et ils emploient principalement des Biharis. Les Bengalis quant à eux sont exclus du centre et travaillent avec des cyclo-pousses dans la proche banlieue de Calcutta.

Les Rickshaw-Wallahs travaillent jour et nuit et circulent dans les rues étroites contrairement aux autres véhicules. Ils sont relativement confortables au regard des bus bondés et bon marché par rapport aux taxis et métro. D’autre part, les femmes peuvent les utiliser en toute sécurité, et ils prennent grand soin des enfants qu’ils emmènent à l’école. Ils demeurent indispensables en période de mousson, sont non polluant et font parti de l’héritage de Calcutta. Malgré cela depuis quelques années un mouvement est né afin d’obtenir leur suppression et les autorités ont restreint leur circulation au seul centre ville. Selon leurs opposants, les Rickshaws donnent une mauvaise image de la Kolkata, leur travail étant considéré comme dégradant et inhumain et ils ne circulent pas assez vite congestionnant certaines artères. Les policiers les harcèlent quotidiennement et ne leur donnent jamais la priorité car ils concurrencent les taxis, les bus, le tramway.

Les Rickshaw-Wallahs sont de 80 à 100 000 hommes en grande majorité originaires du Bihar. Le chômage ou la Servitude pour Dettes les poussent vers Calcutta pour trouver du travail et il leur suffit d’être en bonne santé et de pouvoir payer 20rps l’équivalent de 0,46 Euro pour pouvoir tirer un Rickshaw. Ils travaillent en moyenne 10h par jour pour un salaire ne dépassant pas 50 rps soit 1,22 Euro, salaire qui peut tripler en période de mousson. Une dizaine de Rickshaw-Wallahs louent une petite chambre avec cuisine commune ou ils peuvent laisser leurs quelques affaires en toute sécurité et se regroupent avec des personnes originaires du même village ou de la même région. Pour dormir, ils utilisent aussi leur propre rickshaw ce qui leur permet de ne pas se le faire dérober. Si c’était le cas, ils auraient à indemniser leur propriétaire d’une somme de 20 000 rps près de 450 Euros. Certains autres dorment dans les dehra et versent une compensation à leur patron. Deux fois par jour ils consomment un plat unique : le Chattu composé de 250 g de farine de soja, d’eau et de quelques piments. C’est bon marché et riche en calories. Pour oublier leurs dures conditions, ils organisent le soir, 2 ou 3 fois par semaine de petites fêtes entre eux, fument de la marijuana et se saoulent au Chulu (alcool du pauvre qui fait des ravages et détruit le système nerveux). Le Chulu est distillé clandestinement dans la banlieue de Calcutta. Teneur en alcool 90° et c’est une mélasse de canne à sucre et de différents produits fermentés : fruits pourris, viscères d’animaux, et produits chimiques pour augmenter le degré d’alcool. Proverbe : Tu me bois d’abord et c’est moi qui te bois.

Certains ont un contrat mensuel pour emmener et aller rechercher un enfant à l’école. Ce contrat leur assure un tiers de leur salaire mensuel. Ils retournent une ou deux fois dans l’année dans leur village pour une période d’un mois. Ils peuvent ainsi récolter les maigres fruits des terres qu’ils louent auw Landlords (gros propriétaires terriens). Ils sont souvent rançonnés par les policiers corrompus cela va de 10 rps pour un simple contrôle et peut monter à 50 rps si ils les emmènent au poste et font un rapport. Ils doivent encore payer pour récupérer le Rickshaw.

Les policiers les harcèlent quotidiennement et ne leur donnent jamais la priorité car ils concurrencent les taxis, les bus, le tramway.

"We work, we do not steal. This is no indignity to me. It's a decent way of earning a living," said Mohammed Israel, who has been pulling rickshaws for 40 years.