Le meilleur métier d’un enfant, c’est jouer !

250 millions d’enfants sont exploités dans le Monde !
Scandale international, aberration économique, l’exploitation prive ces enfants de leur enfance, leur interdit tout espoir de formation et entrave ainsi lourdement le décollage économique de leur pays. L’immense majorité des enfants exploités vit dans les pays en développement et, pour la moitié d’entre eux en Asie.

L’Inde serait dans le monde le plus gros employeur d’enfants et en totaliserait à elle seule près de soixante millions. L’Inde a une superficie de 3,3 millions de Km2 et une population qui a dépassé le Milliard en l’an 2000 (1/6 de la population mondiale) dont plus de 26% en zone urbaine et une densité moyenne de 290 habitants au km2. En 1986, le gouvernement a adopté une loi interdisant et réglementant le travail des enfants. Malgré cette loi et bien que l’Inde ait ratifié la Convention des droits de l’enfant, nombreuses sont encore les petites industries, structures artisanales ou familiales qui prospèrent en exploitant les enfants.

Tout recensement fiable est rendu impossible par la clandestinité de l’emploi, les fraudes sur l’âge et la volonté de silence des pouvoirs publics face au rôle des enfants dans l’économie. De plus ces enfants sont le plus souvent employés dans de petites entreprises de moins de 10 personnes qui sont considérées comme des entreprises familiales et échappent ainsi aux statistiques et à la législation.

90% du produit du travail des enfants est destiné au marché local et non à l’exportation. Le boycottage des produits fabriqués par les enfants et destinés aux pays du Nord, pour essentiel qu’il soit à la prise de conscience, ne règlera pas l’ensemble du problème. D’autant plus quand ce boycottage renvoie l’enfant à des conditions de travail plus critiques.


Analyse des enjeux :


    - La scolarité est obligatoire à partir de 6 ans. La durée des deux cycles de la scolarité primaire est de 8 ans. Même si le taux d’alphabétisation a doublé en 50 ans, la moitié de la population indienne est toujours analphabète.


100 millions d’enfants âgés de 6 à 14 ans, sont en marge du système scolaire et 50% des enfants scolarisés abandonnent au cours du primaire.

    - La survie des populations les plus défavorisées est liée aux récoltes (84% de le population indienne vit en zone rurale). Or, celles-ci dépendent de la mousson.
    - Le revenue par habitant ne leur permet pas de satisfaire leurs besoins fondamentaux en nourriture, logement et habillement. Ils vivent dans une très grande pauvreté. Alors comment, dans un tel contexte, l’éducation peut-elle être une priorité ?
    - Dans la plupart des zones d’intervention, sans parler de travail forcé, la coutume veut qu’une petite fille trouve davantage sa place à la quête de l’eau et du bois que sur les bancs de l’école, tandis que le destin naturel d’un petit Dalit http://www.france-fdh.org/dalits/expo.htm sera de servir… Alors pourquoi, dans un tel contexte envoyer ces enfants à l’école ?
    - L’inégalité face à l’éducation subsiste en fonction des régions et de l’appartenance à des castes, malgré la Constitution qui garantit des droits égaux à chaque indien. Ces disparités économiques et culturelles entraînent d’immenses difficultés lors de la mise en œuvre d’un programme éducatif peu adapté aux exigences locales et génèrent une grande inadéquation entre l’offre éducative et la demande. L’école, dont le contenu de l’enseignement semble sans rapport avec la réalité de la vie des villages, l’école souvent trop chère, ne fait qu’entretenir son propre échec. Alors pourquoi, dans ces conditions, se priver du maigre revenu que peut rapporter un enfant ?

LA SITUATION DES ENFANTS AU TRAVAIL EN INDE .

Diverses raisons peuvent expliquer le fait que les enfants de la pauvreté soient des cibles idéales :

    - Leur innocence.
    - Leur statut de mineur.
    - Leur faible capacité à négocier.
    - Leur ignorance.
    - Leur concentration dans le travail.
    - Leur inconscience enfantine du future.

Il n’existe pas UN travail des enfants, mais une multitude de situations toutes différentes. De l’enfant travaillant aux champs aux petits métiers de la rue en passant par la prostitution et le travail industriel en usine. Il faut être d’autre part conscient que tout travail n’est pas répréhensible en soi. Impossible en effet de comparer l’aide aux menus travaux ménagers de son foyer à l’asservissement économique auquel est soumis l’enfant dans l’industrie du tapis, les briqueteries, l’industrie du verre.


On peut classer le travail des enfants en quatre catégories principales :

    -Les enfants qui travaillent aux travaux domestiques dans le cadre familial, participent à une activité non rémunérée. Les travaux domestiques ne sont donc pas considérés comme une situation de travail : Entretien de la maison, soin des petits, quête de l’eau et du bois, garde des animaux, etc.
  • Les enfants qui participent avec leurs familles à des activités productives, et pour s’initier à un métier : Travaux agricoles ou artisanaux, auxquels l’enfant est la plupart du temps fier de contribuer.

  • Les enfants qui sont dans l’obligation de travailler pour faire vivre la famille :
  • Le père ou la mère étant malade ou décédé, les enfants ont la charge de s’occuper de leurs familles et d’en assumer la survie. Ils sont donc amenés à travailler pour leur compte, dans le secteur des services ou du commerce : cireurs de chaussures, porteurs d’eau, de bagages, vendeurs de fruits, etc…Ou bien sont employés dans des secteurs souvent dangereux, au bon gré de leur employeur : Secteurs de l’agriculture, de l’artisanat, de la petite industrie : tisserands, brodeurs, potiers, tailleurs de pierres, etc…

  • Les enfants en servitude pour dettes :
  • Les Nations Unis définissent ainsi la servitude pour dette : « L’état ou la condition résultant du fait qu’un débiteur s’est engagé à fournir, en garantie d’une dette, ses services personnels ou ceux de quelqu’un sur lequel il a autorité, si la valeur équitable de ces services n’est pas affectée à la liquidation de la dette ou si la durée de ces services n’est pas limitée ni leur caractère défini » Plus simplement, il s’agit d’une situation où le travail d’une personne règle les intérêts d’un emprunt contracté. La servitude pour dettes des enfants résulte du remboursement des intérêts sur le prêt et dure tant que l’emprunt n’a pas été intégralement remboursé.

    L’enfant devient un objet prêté par un adulte, à un autre adulte.

    Cette servitude est généralement pratiquée dans les industries recherchant la main d’œuvre infantile, pour son moindre coût : briqueteries, beedis (petites cigarettes), Tapis, allumettes, feux d’artifice, pétards, bracelets en verre, fabrique de soie, etc.… L’employeur peut confier aux enfants gagés une tache spécifique dans la chaîne de production. Mais ceux-ci ne sont pas mis en servitude pour un travail précis. Ils doivent être disponibles pour répondre à toutes les demandes de l’employeur, ce qui n’est pas sans danger… !

  • Les filles employées comme domestiques :
  • Quand elles ne sont pas, par besoin, vendues par leur familles, les filles se retrouvent souvent dans l’obligation de migrer de la campagne vers les villes afin de trouver un emploi rémunérateur. Quand elles ne tombent pas directement dans l a prostitution, elles se retrouvent très fréquemment employées comme domestiques. Les conditions de travail de ces enfants se rapprochent fortement de l’esclavage et les violences sexuelles sont fréquentes. Isolées dans la maison de leur employeur, sans soutien extérieur, ces enfants se retrouvent seules et démunies. Aide et Action faiblement présente en milieu urbain, n’intervient pas dans ce domaine.

    A l ‘avantage de son employeur, l’enfant menacé de violences reste soumis et ne se révolte pas contre les conditions de travail.

    Les plaisirs et les besoins sont exclus. Il ne reste plus que la sujétion, la souffrance et la réclusion….Le dernier degré de vulnérabilité est atteint dès qu’intervient l’exil, l’éloignement, l’étrangeté. La vie devient autistique. Aucune communication n’est possible, sauf avec le bourreau. On est humilié, opprimé, mais on lui parle parce qu’on le connaît » M. SAHNOUN RIDOUH, expert psychologue près de la cour d’appel de Versailles.


    Qu’est ce que la servitude pour dettes ?

    C’est l’une des formes la plus répandue d’esclavagisme. La servitude pour dettes accable en Inde des centaines de milliers de Familles. Au mépris de la législation nationale et internationale, elle touche un grand nombre d’enfants esclaves. La dette augmente sans cesse, du fait de taux d’intérêts usuriers et de la manipulation pure et simple des comptes. En milieu rural, c’est le propriétaire terrien qui prête à une famille de paysans sans terre, une petite somme d’argent, souvent ridiculement basse, pour payer un retard de loyer, acheter une robe à l’occasion d’un mariage, pour satisfaire une obligation religieuse, soigner un membre de la famille… Dès lors le piège se referme. La dette concerne tous les membres de a famille et passe même couramment sur les enfants à naître. Le propriétaire terrien s’assure ainsi une main-d’œuvre gratuite à perpétuité pendant plusieurs générations. Il arrive qu’un enfant soit loué ou mis à disposition d’un autre landlord pour plusieurs années. Ce phénomène touche principalement les basses castes ou « Scheduled Castes » et les tribus. En milieu urbain, le principe d’exploitation est toujours fondé sur le principe de ma dette, mais ne concerne plus la famille entière. Les enfants seuls sont cédés aux exploiteurs et on les retrouve dans grand nombre de secteurs : briqueteries, tapis, bracelets, verre, pétards, feux d’artifice, allumettes, construction, carrières, les petits ateliers individuels de sous-traitance, industrie du bronze, domesticité, activités du sexe…Le principe de servitude y est plus terrible encore pour l’enfant qu’en milieu rural, car il est séparé pour longtemps, souvent définitivement de sa famille, sans qu’elle sache ce qu’il est devenu. Le travail servile en milieu urbain implique surtout l’acceptation de parents trompés par les discours d’agents recruteurs qui font moisson de petits esclaves aussi bien dans des slums (bidonvilles) qui entourent les cités que dans les villages miséreux des campagnes reculées. La misère est le vivier des rabatteurs : paysans ruinés chassés de leur terre par des constructions, des concentrations foncières, des années de sécheresse, des inondations… Les grands déplacements de populations suite à des situations de conflits et l’éclatement des familles engendrent l’abandon des enfants et des adolescents. Les conditions de travail et les mauvais traitements subis par ces milliers d’enfants esclaves ont été à plusieurs reprises dénoncés par des associations tels le « Front de libération du travail forcé » ou l’organisation « Anti-Slavery International » ou le « SACCS : South Asia Coalition on Child Servitude » qui luttent contre cette situation sous diverses formes parmi lesquelles des opérations de libération éclair au sein de villages ou d’ateliers clandestins.


    L’INCIDENCE ECONOMIQUE ET SOCIALE DU TRAVAIL DES ENFANTS

    On dit souvent que pauvreté et participation des enfants à l’activité économique se renforcent mutuellement, la pauvreté engendrant le travail des enfants et celui-ci perpétuant celle-là. Il semble raisonnable de penser q’effectivement dans la mesure où il exclut ou limite l’accès à l’éducation et compromet les possibilités d’ascension sociale, le travail des enfants perpétue la pauvreté. Cela vaut pour tout travail qui nuit à la santé, à la sécurité et à la socialisation de l’enfant. Du point de vue macroéconomique, en compromettant le développement de l’enfant, le travail perpétue la pauvreté parce qu’il dévalorise le capital humain nécessaire au développement économique et social. On entend souvent dire par ailleurs que la participation des enfants à l’activité économique aggrave la pauvreté parce qu’elle fait augmenter le chômage et le sous-emploi des adultes. Toutefois, il est difficile de généraliser car cela dépend du type de travail exercé par les enfants. En ce qui concerne le travail salarié en usine par exemple, la substitution des enfants aux adultes peut effectivement avoir un effet négatif sur l’emploi, les salaires et les autres conditions de travail de ces derniers. A l’autre extrême, cependant, le travail des enfants facilite souvent celui des adultes : nombre d’entre eux, en particulier des enfants s’occupent des taches ménagères essentielles. De même, de nombreux exploitants agricoles et petits entrepreneurs préservent la viabilité de leur entreprise, et donc l’emploi des adultes, car ils occupent des créneaux qui n’intéressent pas ces derniers : par exemple, ils portent les sacs à provisions au marché, vendent des allumettes, cirent les chaussures, etc… Enfin, beaucoup de filles travaillent comme employées de maison pour des familles qui n’auraient pas les moyens de payer un adulte pour cela. Chercheurs et praticiens sont désormais nombreux à estimer que l’incidence sociale négative du travail des enfants tient principalement à certaines conditions de travail qui compromettent leur santé et leur développement. Pour cette raison, on tend de plus en plus à penser que les efforts nationaux et internationaux devraient être axés sur les formes les plus abusives et les plus dangereuses d’exploitation du travail des enfants. Mais l’argument le plus fort est peut-être que le travail des enfants a des effets éminemment discriminatoires, car il alourdit encore le fardeau et le handicap qui pèsent sur les individus et les groupes déjà socialement exclus et profite aux privilégiés. Pour cette raison, il est incompatible avec la démocratie et la justice sociale.


    Comment améliorer la situation des enfants au travail?

    S’il ne s’agit pas encore de supprimer partout dans le monde le travail des enfants, il s’agit bien de le rendre plus humain, sans violence, et réellement rémunérateur. L’application stricte de la législation ne serait ni réaliste, ni juste. Elle ne concernerait que 10% de la population enfantine. Il faut distinguer la situation des enfants réellement exploités de ceux qui travaillent dans le cadre familial. Supprimer la contribution même modeste car inférieure de 50% à celle d’un adulte aggraverait encore le sort des familles les plus défavorisées. Dissocier travail intolérable et travail acceptable, est ainsi de la plus grande importance. Dans le premier cas, l’enfant en état d’esclavage est atteint dans son intégrité physique, psychologique et affective. Dans le deuxième cas, il est fier d’avoir sa place parmi les siens ! Il est indispensable de faire la part des choses entre le travail et l’exploitation des enfants, indispensable de soutenir les pays dans leur recherche des solutions et de ne plus tenter, selon notre habitude occidentale, d’imposer systématiquement notre point de vue. Indispensable enfin, de militer et d’agir pour assurer de meilleures conditions de travail aux enfants en privilégiant leur éducation Il s’agit avant tout de favoriser l’accès à l’éducation pour tous, d’adapter l’école aux besoins des plus pauvres, de lutter contre les facteurs de sous développement (notamment réduire le chômage des adultes), d’œuvrer avec le soutien et la participation des familles, des Etats, pour un véritable progrès économique.


    POUR ERADIQUER LE TRAVAIL FORCE DES ENFANTS, IL FAUT S’ATTAQUER EFFICACEMENT A LA PAUVRETE DES FAMILLES.