Servitude pour dettes dans les briqueteries du West Bengal.

L’année 1999 passée en Inde m’a permis outre de réaliser le sujet sur le Travail des Enfants mais aussi d’approfondir un travail commencé depuis 1992 sur les familles en état de Servitude pour Dettes employées dans les briqueteries.


Article 4 de la Déclaration des droits de l’Homme :

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes ses formes.

Ces familles appartiennent aux plus basses castes de la société indienne et sont pour la plupart agricultrices. Pour une mauvaise récolte, la maladie de l’un des membres, ou pour constituer la dote de leur fille, elles doivent emprunter une somme d’argent souvent minime à l’usurier du village. Afin de pouvoir rembourser une partie de la dette contractée (les taux d’intérêt extrêmement élevés pouvant aller jusqu’à 100%) ces familles sont dans l’obligation de migrer pour trouver un autre travail. Souvent originaires du Bihar, de l’Uttar-Pradesh, de l’Orissa, les états les plus pauvres de l’Inde, elles parcourent des centaines de kilomètres pour vivre huit mois de l’année dans des baraquements insalubres loin de leur village.

Ce système savamment entretenu par les gros propriétaires terriens peut être assimilé à de l’esclavage car à la mort des parents la dette retombe automatiquement sur la tête de leurs enfants et ainsi de suite de génération en génération.

Les briqueteries du West Bengale (région de Calcutta) comptent parmi les plus grosses de l’Inde. On en dénombre une cinquantaine employant chacune jusqu’à 300 personnes. Là, les familles originaires du Bihar sont soit musulmanes, soit des tribus Santhals.

Composées de quatre à cinq membres travaillant du lever au coucher du soleil elles fabriquent un millier de briques par jour pour un salaire ne dépassant pas cinquante Roupies (huit Francs). La plupart étant illettrées, donc dans l’impossibilité de comptabiliser leur travail, elles se font exploiter par les gros propriétaires.

Ce sujet se propose donc de montrer aux travers des différentes étapes du travail, les conditions de misère extrême que ces familles endurent. La blondeur des cheveux de leurs enfants n’étant que le signe évident de la malnutrition.